Interviews : Disown (Vernissage, avril 2008)

A l'occasion de la sortie de leur premier album Rest for The Cockatoos, musique-chroniques en collaboration avec l'émission Les bruits du frigo sur RadioCité à Genève, recevait trois membres du groupe Disown. Conversations avec Rachel (orgue & piano), Nico (basse) et José (chant).
Question de base, présentez-nous en quelques mots le projet Disown.
Rachel:
c'est José qui est parti en projet solo tout seul à la guitare et il a eu besoin de Marc (qui était le batteur de Grace) à la batterie puis les autres sont venus naturellement.
José:
J'ai monté ce side-project à Grace et on a fait un petit EP 4 titres puis Rachel est venue un peu plus tard, elle a joué quelques notes de piano et ça c'est fait immédiatement.
Pourquoi ce nom alors Disown (Ndt : désavouer, renier) ?
Rachel:
On a hésité pour le EP entre Secrecy et Disown et on a trouvé que c'est Disown qui collait le plus à notre musique, à ce qu'on voulait transmettre.
Vous vous sentez donc tous reniés ?
Rachel:
Non pas dans la signification, mais dans la terminologie, dans ce que dégage les mots, c'est quelque chose de doux qui en même temps veux dire beaucoup de chose. C'est quelque chose d'assez sensible.
Vous venez tous de groupes et d'univers différents, comment ça vous est venu de vous retrouver ?
Rachel:
au départ, faire de la musique et s'amuser, puis les compos sont venues et enregistrement. Mais les compositions de Rest for the Cockatoos sont déjà nées il y a quelques temps. On a enregistré un peu partout.
Comment vivez-vous la scène suisse romande ?
Nico:
c'est normal que les groupes aient envie de partager des scènes et des labels. Au niveau commercial, le marché du disque est assez fermé, donc il faut s'entraider entre groupes, donc on se propose des dates, des scènes parmi.
Parlons de la pochette, de l'artwork que tu as réalisé Rachel ?
Rachel:
oui, en fait ce sont des fruits et animaux exotiques, thème de la jungle qui sont un peu inspiré par la musique. Ce sont des agissement intériorisés que cela dégage. J'ai dessiné, on a tous participé au collage et réalisation technique.
Mais cette pochette est assez énigmatique, déjà l'écriture, loin d'un Arial 14 et surtout aucune indication sur le groupe, pas de paroles…
Rachel:
pour nous Disown suffit, c'est une entité, un groupe, il n'y a pas besoin de préciser qui joue, de quel instrument on joue etc. Et pour les gens vraiment curieux il y a possibilité de rechercher via MySpace, internet.
Alors parlons d'internet, pour vous une telle pochette, est-elle une façon de contrer le "tout mp3" ?
Nico:
je ne sais pas si c'est une volonté de base, mais c'est vrai que beaucoup de groupes en suisse romande sortent des albums au design assez travaillé et peut-être qu'il y a là derrière une petite réaction à cette façon d'avoir le CD dans une pochette en plastique avec écrit au feutre sur le CD ce que c'est. Mais la réaction n'est pas concertée.
Rachel:
Je pense pas que ça soit une réaction, mais volonté de produire un objet consacré à la musique. Je ne peux pas dire que c'est une pièce d'art, ça serait un peu prétentieux, mais l'idée est de présenter quelque chose de beau. Au point de vue d'artiste ça coute plus cher, mais il y a un rendu, on avait envie de produire quelque chose qui nous fasse plaisir.
José, quel est toi ton rapport avec l'industrie et l'utilisation d'internet ?
José:
moi je suis un peu perdu avec internet et tout le reste. Je reste très objet, pièce de collection, un peu comme si c'était un vinyl. Si j'aime le groupe, je veux la pochette et ce coté chaleureux.
Et en parlant de vinyl, Rest for The Cockatoos sortira-t-il dans ce format ?
Nico:
non ça n'est pas prévu pour l'instant, mais on adorerait, pour nous c'est un peu le format ultime, on est très fan. C'est l'objet du collectionneur. On aimerait vraiment que ça puisse se faire un jour.
Parlons un peu de vos influences
Nico:
j'ai commencé comme tout rocker genevois qui se respecte par Nirvana, ça me semble une base de notre génération. Après côté calme, je suis assez Cat Power et cette scène folk avec un côté trash.
Moi je voyais bien Devics et Black Heart Procession ?
Rachel:
oui on nous compare souvent à ces groupes, je peux pas dire que c'est une influence directe car on a un peu pondu notre musique sans références, mais reconnaissons qu'on tombe bien dans le même créneau. Cette veine folk rock intimiste.
José, ton top 3 ?
José:
moi je suis plutôt dans des groupes plus rebelles, les Doors m'ont beaucoup inspiré, en tous les cas pour la voix et aussi Bob Dylan. Mais aussi Black Heart Procession oui. A l'époque un peu de Palace qui m'ont aidé à faire le début de Disown. La petite harge de Jim Morrison, rock n' roll un peu mélancolique, m'a beaucoup inspiré.
Rachel:
moi je voudrais encore évoquer Thalia Zedek qui est une chanteuse dont la voix me fait un peu penser à José sur scène, dans l'émotion qu'elle fait passer et c'est quelqu'un de très habité sur scène.
Sur scène ou en studio, quelles différences ?
Rachel:
on n'a pas fait beaucoup de scène pour l'instant. Où on est le plus à l'aise c'est en composition, en studio. C'est ce travail qui nous intéresse, mais le présenter sur scène est aussi quelque chose d'incroyable.
José:
je pense en live, on a un côté un petit peu plus rock. D'ailleurs les nouveaux titres sont un peu plus rock.
Et alors le futur de Disown ?
Nico:
on a déjà pas mal de titres qui sont écrits et en partie enregistrés, donc on a envie d'aller assez vite vers le studio car les nouveaux titres sont assez différents, donc il faudra les enregistrer assez vite. Différents c'est-à-dire plus rock, plus étoffés, plus dynamiques, plus riches au niveau des sonorités, plus longs également.

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