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L'étreinte
8.2006
Notation
Francophone   

Il fut un temps pas si lointain où les disques de Miossec se révélaient être des œuvres principalement par le message et la mélancolie alcoolisée qu'ils transmettaient. On se retrouvait un peu, beaucoup, pas du tout dans les paroles du brestois. Depuis 1964, les arrangements ont pris l'ampleur, donnant ainsi à Miossec de la hauteur. Sur L'étreinte, les morceaux sont étoffés d'une chaleur presque inhabituelle pour l'homme, dont les plaines étaient plutôt arides jusqu'ici.

Alors d'entrée le tube "La facture d'électricité" confronte légèreté musicale avec gravité d'un texte sur le licenciement. Les sommets sont déjà atteints avec "La mélancolie" qui devrait faire date, tant musicalement qu'au point de vue du phrasé : La mélancolie c'est communiste, tout le monde y a droit de temps de temps / La mélancolie n'est pas capitaliste, c'est même gratuit pour les perdants (…) / La mélancolie c'est pour les syndicalistes, il faut juste sa carte de permanent. Si "30 ans" s'avère également un must avec ses arrangements dénudés et "Mes crimes : le châtiment" au refrain emballé une référence, la deuxième moitié du disque nous laisse un peu sur notre faim, étant donné la qualité entrevue durant l'apéritif. Miossec cabotine la moindre sur "Quand je fais la chose", prête un peu à sourire sur "Julia" et gonfle sur "Bonhomme", berceuse à deux balles qu'il aurait pu garder pour lui.

Malgré tout L'étreinte s'en sort avec les honneurs, et apporte quelques pierres supplémentaires à l'œuvre de Miossec. Sur l'ensemble pourtant, cet opus coloré s'avère qualitativement moins homogène que son prédécesseur, avec des arrangements pas toujours à la hauteur. On a un peu envie de dire qu'il ne reste maintenant plus qu'un pas à franchir, comme pour tous les anciens écorchés : faire un duo avec Cali...


- le sto, le 17 09 2006

Ractions

par runeii, le 18/09/2006
Bien vu la chronique... J'ai exactement le même sentiment : des bijoux d'écriture ("30 ans", "La Mélancolie", "Mes Crimes : le châtiment") et des titres manqués (l'horripilant "Quand je fais la chose"). A noter une fois encore que les titres co-écrits par les Valentins s'en tirent souvent mieux (excepté le lourdeau "Le loup dans la bergerie"), et que les compos du seul Christophe Miossec rament davantage. Une surprise : "l'amour et l'air", musique composée par Daran, qui s'en sort avec les honneurs.