Sage Francis > Human the Death Dance

Human the Death Dance
5.2007
Notation
Hip Hop   

Poète écorché vif, épine dans le pied de l’Amérique bien-pensante, Sage Francis est un pilier de l‘underground hip hop depuis ses débuts chez Anticon. Pour ce nouvel album sur le label Epitaph, il a décidé de s’entourer d’une pléthore de guests stars. A côté des "usual suspects" Sixtoo, Ant, et Alias à la production, on retrouve plus curieusement Jolie Holland, au chant sur deux morceaux, Mark Isham (compositeur de musiques de films), Tom Inhaler (guitare) et j’en passe.

Contrairement à ses efforts précédents, que ce soit l’intimisme écorché vif de Personal Journals ou la charge politique furieuse de A Healthy Distrust, Human the Death Dance n’a pas vraiment d’unité thématique. Si les producteurs sont plus nombreux que jamais, leur efficacité est inférieure au personnel de A Healthy Distrust, qui frappait fort et faisait très mal, n’hésitant pas à recourir à l’humour et à des beats extravagants.

Ici, bien sûr on a la présence de Jolie Holland, un harmonica et d’autres instruments - le renouveau est indéniable, mais on calme le jeu, et Sage Francis n’est jamais plus efficace que dans les extrêmes. Au lieu de flows schizophrènes et de charges en règle contre l’administration Bush, on retrouve ici une collection de chansons assez disparates, un rythme assez peu élevé, et un niveau de songwriting en baisse (notamment "Underground for Dummies" et son refrain un peu cucul...). Malgré l'inclusion de nouveaux genres musicaux, Human The Death Dance est en même temps une sorte de retour à la case départ au point de vue thématique : le sanguinolent Personal Journals sans le bricolage caractéristique d’Anticon mais avec la production d’Epitaph.

On retrouve bien sûr les traits caractéristiques du Sage, d’abord un amour immodéré pour les mots (à travers différentes collaborations entrecoupées de spoken word et d’extraits de battles), une critique politique toujours virulente alternant avec des passages beaucoup plus personnels et torturés. Mais la formule semble fatiguer, les chemins déjà maintes fois fréquentés par l’artiste, et il devient difficile de s’enthousiasmer pour cet album comme pour les précédents, même si Sage Francis reste clairement au-dessus du commun des rappeurs.

- JP, le 29 07 2007

Ractions

par Le Sto, le 30/07/2007
Certes ce disques est peut-être un peu victime de la pléthore d'invités, souffre de quelques longueurs mais cet ecléctisme peut parfois faire merveille comme sur le fabuleux "Clickety Clack". Inégal mais quelques pépites à dégager dans ce maelström musical.