Cave, Nick > Live Seeds

Live Seeds
9.1993
Notation
Rock   Punk   Gothic

Ce Live Seeds a rempli deux objectifs lors de sa sortie. Premièrement, il a permis de révéler pour la première fois officiellement sur disque la puissance d’un groupe alors à son apogée (Blixa Bargeld, Mick Harvey, Conway Savage, Martyn P. Casey et Thomas Wydler), témoignage de leur tournée européenne et australienne de 1992-1993. Deuxio, Live Seeds a donné à Nick Cave l’occasion de retravailler plusieurs titres de l’album précédent (Henry's Dream), qui malgré leurs indéniables qualités semblaient trop « mous » aux oreilles de l’australien.

L’enregistrement donne volontairement dans le brut, refusant les artifices. «John Finn’s Wife», «Papa Won’t Leave You, Henry» ou «Jack the Ripper» sans leur atours studio en deviennent dès lors de vraies petites bombes sonores, chaque instrument s’avérant tendu aux limites de ses capacités, sans crainte d’expérimenter ou de tomber dans l’approximatif, à la manière des Einsturzende Neubauten. Nick Cave exulte, éructe, évacue ses tirades comme un damné, bien plus proche de son premier rôle chez les Birthday Party que de celui développé sur le romantique The Good Son. Par conséquent, l’interprétation de titres plus doux («The Ship Song», «The Weeping Song»), manquent parfois un peu de sensibilité dans leur approche (en particulier le presque cacophonique «New Morning»), même si ces respirations restent bienvenues.

L’inédit «Plain Gold Ring» (reprise de Nina Simone !) vaudrait presque à lui seul l’achat du disque, mais ce serait passer sous silence la version définitive du désormais mythique «From Her to Eternity», amplis dans le rouge écarlate, les riffs ravageurs faisant passer vos copains métaleux ou fans d’indus pour des petits rigolos.

Les lives subséquents n’auront jamais la densité de ce premier jet public, du fait d’un virage progressif de l’écriture de l’Australien (compositions au piano, tempos lents, période plus crooner). Les Bad Seeds deviendront aussi un collectif vaste et de ce fait de moins en moins cohésif. Live Seeds garde donc cette place à part, témoignage d’une certaine période dorée en terme de créativité.


- runeii, le 22 05 2007

Ractions

par Boud1, le 23/05/2007
Le dernier album brut de l'australien, après Live Seeds on passera à autre chose, tout aussi bien mais différent. Comme si ce live marquait la fin d'une ère et que Nick pouvait maintenant aborder la suite la tête haute!