Cave, Nick > The Firstborn is Dead

The Firstborn is Dead
1985
Notation
Rock   Punk   Jazz/Blues

Avec The Firstborn is dead, Nick Cave explore un univers qui lui tient particulièrement à coeur : les marais fangeux du delta du Mississipi, le Sud mythique, le berceau des bluesmen. Comme quelques années plus tard lors de la parution de son roman («Et l’âne vit l’ange» en 1989), le décor met en scène l’existence précaire de l’homme. Violence et réprimandes divines au menu : le destin se veut ici impitoyable.

Second opus particulièrement sombre et dramatique dans ses propos, sa quintessence en est résumée dès les sept premières minutes de «Tupelo», référence au «Tupelo» de John Lee Hooker. Fidèle à son habitude, l’Australien vit son récit comme un exorcisme, conte l’inondation de la cité (où Elvis Presley vit le jour) dans un contexte d’apocalypse.

Musicalement, le ton reste volontairement minimaliste, propice à une obscurité que ne viendront jamais éclaircir les trois Bad Seeds (Hugo Race ayant quitté le navire). Plus inégal toutefois que From Her to Eternity, l’approche du « tout en noir » garde ses limites («Train-Long Suffering» ; «Black Crow King», qui tendent quelque peu à la caricature). Le crépusculaire «Blind Lemon Jefferson» ou une reprise du «Wanted Man» chanté en son temps par Johnny Cash attestent toutefois de la réussite globale de l’opération.

Album d’un hommage vibrant et passionné aux origines et à l’esprit du blues, The Firstborn is dead réunit l’intensité d’un groupe encore neuf en pleine possession de ses moyens et l’univers chaotique de son leader. Nick Cave s’affirme de plus en plus comme un performer à part dans l’univers post-punk des 80’s.


- runeii, le 18 09 2006

Ractions

par Boud1, le 27/09/2006
Un disque avec des origines de blues mais une énergie directement héritée de la fureur des Birthday Party. Aussi noir que la pochette. Mais l'ambiance déglinguée donne aussi une impression de bâclé parfois.