Wright, Shannon > Let in the Light

Let in the Light
4.2007
Notation
Rock   

Déjà 3 ans ont passé depuis Over the Sun, dernier album de Shannon wright, ainsi que sa collaboration avec Yann Tiersen. 3 ans qui ont vu de nombreux bouleversements, dont l’arrivée d’un premier enfant. Let in the Light s’annonce non pas comme le disque de la maturité, mais comme le disque de l’apaisement et d’une certaine plénitude. L’excellent Over The Sun fût l’album le plus noir et le plus désespéré de l’Américaine, contrebalancé par quelques ballades au piano. C’est cet instrument qui sert d’ossature à « Let in the Light », un piano que Shannon Wright maîtrise de mieux en mieux ("Steadfast and True"). Les guitares sont en net recul, même si on retrouve ce son et cette technique uniques qui font sa marque de fabrique : des notes frappées avec les doigts, mettant l’accent sur les basses, et un son cru et brut. Autre nouveauté importante, la présence de l’excellent batteur Kyle Crabtree, capable de frapper très fort mais aussi d’accompagner tout en douceur le piano de Shannon Wright.

Let in the Light est un titre on ne peut plus approprié : mélancolie et fragilité restent palpables, mais on sent une volonté de s’ouvrir et d’aller de l’avant, une certaine insouciance par instants. La voix de Shannon Wright a gagné en assurance, révélant une beauté que l’écoute de Over the Sun ne laissait pas soupçonner - désormais la lumière filtre par les lézardes dans le mur. Impossible d’accuser la chanteuse américaine de céder à la facilité ou de faire un album commercial : on ressent comme à chaque fois une grande sincérité dans toutes ces chansons : Shannon Wright semble se livrer telle qu’elle est, album après album.

Musicalement, elle privilégie la simplicité : un piano, une voix, une guitare, une basse et une batterie. La production de son ami Andy Baker évite toute fioriture, se rapprochant d’un enregistrement live. Seule une discrète texture électronique vient gracier nos oreilles sur "In The Morning", évoquant les premières lueurs incertaines de l’aube. Ce morceau très lent et fragile dégage une magie et une mystique difficiles à décrire. "When the Light Shone Down", retrouve une mélodie à la guitare limpide qui évoque aussi le lever du jour, ainsi qu’une section rythmique impeccable, comme sur toute la durée de l’album. Même si j’adore le piano, j’ai vraiment un faible pour ce son de guitare si particulier. "You Baffle Me" résume à elle seule toutes les qualités de l’album : la beauté et la simplicité d’une mélodie au piano, la souplesse de la section rythmique, et cette voix qui s’envole haut, plus libre que jamais. Les morceaux disent ce qu’ils ont à dire puis s’arrêtent : la concision est de mise. On aurait espéré plus de 34 minutes de musique, mais en même temps, Shannon Wright a peut-être réalisé ici son album le plus accompli.

- JP, le 2 05 2007

Réactions

par Claire, le 8/05/2007
Disque grandement subtil, on sent l'influence qu'a pu avoir la relation avec Tiersen, par exemple sur le magnifique You Baffle Me. Parfois on dirait également avoir à faire à Eric Satie sous Xanax.
par KlerG, le 2/05/2007
Un disque très classe et très intense dans l'émotion qu'il transporte. Exactement ce qu'est l'américaine sur scène : dans son monde mais émouvante et puissante. Ce disque révèle des perles qu'il faudra longtemps pour tenter d'apprivoiser.