Sunset Rubdown > Shut Up I Am Dreaming

Shut Up I Am Dreaming
5.2006
Notation
Rock   Pop

Ceux qui, en 2005, étaient tombés sur le prometteur Apologies to the Queen Mary de Wolf Parade et qui se souviennent de la voix particulière de Spencer Krug, vont se retrouver en terrain connu. L’entre-ouverture d’esprit dont on fait en général preuve dans notre quête effrénée de nouveaux sons va ainsi se transformer en gros courant d’air et on espère de tout cœur que la porte ne finira pas par claquer ! C’est que Sunset Rubdown se trouve à l’origine être un projet solitaire du chanteur canadien, dont l’organe nous rappelle d’ailleurs pas mal The Arcade Fire et s’influence également clairement de Bowie.

Le groupe nous propose un deuxième disque nettement plus abouti que son esquisse initiale, mais qui conserve tout de même un aspect légèrement brouillon – terme à prendre ici positivement –, laissant un peu la même impression qu’à l’écoute d’un disque solo de Syd Barrett. Les compatriotes de Broken Social Scene apparaissent aussi comme une référence évidente, par exemple sur le final du dernier titre. Plus surprenant, en entendant le très bon «I’m Sorry I Sang on Your Hands That Have Been in the Grave» (ouf!), on se demande si les obscures Legendary Pink Dots ne font pas partie de leur discothèque…

En piochant de façon originale dans les ingrédients de ses cousins plus ou moins éloignés, Sunset Rubdown nous offre une œuvre au menu alléchant et très diversifié. Les plats proposés vont du folk-rock progressif – comme le poignant «The Empty Threats of Little Lord», avec son sustain infini d’E-Bow – à une valse délirante et surréaliste («Swimming»). En guise d’accompagnement, le chanteur nous gratifie d’une symbolique à la Morrison, tel le «I got chased by a hundred snakes this morning», scandé sur «Snakes Got A Leg III».

La porte n’a pas claqué, bien au contraire. Notre esprit, dont l’ouverture s’était trouvée légèrement biaisée par la familiarité du timbre vocal et de certains arrangements, se dit finalement qu’il avait bien fait de miser sur un groupe d’exception. Qu’on se le dise, le Canada se trouve toujours à la pointe du rock indé !


- yak, le 1 12 2006

Ractions

par OLM, le 10/12/2006
Tout à fait d'accord. Pour moi, ce disque n'est pas forcément immédiat comme album, celui-ci se révèle au fur et à mesure comme un très bon cru. Sunset Rubdown est plus apaisé et accessible que Wolf Parade c'est évident mais n'en est que plus beau. Pas une surprise, peut-etre une révélation d'un grand talent du rock-pop indé.