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Wavering Radiant
5.2009
Notation
Rock   Metal   Post Rock

Toujours plus raffiné, parlant tant aux boyaux qu’aux états de conscience modifiés, Wavering Radiant prolonge l’aventure du post-hardcore épique qu’Isis a, il y a 12 ans déjà, contribué à établir. Sur le papier, le retour à une production plus rentre-dedans (Joe Barresi, qui a produit le son des Melvins ou de QOTSA) et à une colère plus marquée d’Aaron Turner dans ses parties vocales devrait ravir les fans de la première heure. Est-ce pourtant suffisant pour nous faire oublier les craintes suscitées par la molle compromission de son prédécesseur, In the Absence of Truth ?

Entame idéale, "Hall of the Dead" se trouve pourtant être un excellent alliage de neuf et d’ancien. L’ajout avisé d’orgue Hammond en arrière plan des riffs de béton armé ouvre des perspectives psychédéliques presque Floydiennes. Son final lancinant habilement tricoté soulève divinement cet édifice, bien décidé à renouer avec les meilleurs titres d’Oceanic et de Panopticon.

Question nouveautés, on aime les nouvelles textures de guitare plus «sales» ("Stone to Wake a Serpent"), qu’on jurerait piquées sur le manche d’Efrim Menuck (GYBE!), ajoutant une tonalité plus angoissante. La faute peut-être à Adam Jones de Tool, ici en guest star. Bon point aussi : un réel travail sur la rythmique a été mené, évitant les cassures de tempo trop téléphonées, éliminant les aspérités trop connotées prog-rock. Moins surprenant, le son des instruments est toujours plus clair, les trames de guitares, mélodiquement de haut vol, multipliées à l’envi (parfois à l’excès).

Hélas, et je pèse mes mots, le point faible reste toujours le chant clair d’Aaron Turner, ceci depuis maintenant deux albums. Il tape aveuglément dans la répétition, dans le phrasé stéréotypé, ne semble pas savoir ce qu’est l’émotion. Cela fait très «post-it» collé n’importe où. Très dommage, car il pourrait offrir ainsi un contraste avec ses vociférations sauvages, qui, elles, restent nettement plus convaincantes. De quoi souhaiter dénicher une version pirate entièrement instrumentale, ou du moins purgée de cette faute de goût.

N’alourdissons pourtant pas la balance, Wavering Radiant se montre cohérent dans son ensemble, possède ses moments malgré quelques longueurs, et ravira chaque amateur de boucherie sophistiquée. Isis taille la route qu’il s’est choisie, sans toutefois parvenir à se hisser au niveau de ses trois premiers disques.


- runeii, le 14 05 2009

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