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Voices of Omens
3.2007
Notation
Rock   Metal   Prog Rock

Qu’est-ce qui peut bien traverser l’esprit d’un commercial de Relapse lorsqu’il orne son sticker promo d’un triomphant « for fans of Eyehategod »… D’abord, des fanatiques d’Eyehategod, je ne sais pas si vous en connaissez beaucoup personnellement, mais en ce qui me concerne, j’en connais trois, et encore, ce ne sont que des pseudos sur un forum d’initiés ; autant dire que le créneau est peu porteur. Ensuite il me semble réducteur de situer le terrain de jeu de Rwake dans le même marécage que les déambulations alcooliques des vieux briscards de la Nouvelle-Orléans.

Certes, Rwake pratique un style qui porte les stigmates d’une scène qui sent le bayou à plein nez, à commencer par une voix écorchée tout à fait caractéristique, mais sa musique porte en elle une finesse mélodique peu commune. Bref, c’est ici de metal qu’il s’agit, grossièrement. Un metal qui n’a rien d’héroïque, qui refuse rigoureusement les structures, qui construit des pièces lancinantes et tortueuses, sans devenir fatiguant pour autant. On a presque l’impression que c’est un seul et même solo de guitare plein de retenue qui sert de trame à tout l’album. Et éteignez s’il vous plaît ce néon « kitsch » que le mot solo vient d’allumer dans votre esprit.

Non, si Rwake ne fera pas l’unanimité, c’est que sa musique reste difficile d’accès et foncièrement grinçante, dans la veine Iron Monkey, mais elle pourrait aussi trouver son public chez les amateurs des élucubrations néo-progressives de la clique d’Isis&co. Voices of Omens est typiquement le genre de disque qui s’écoutera avec délectation même si on n’en retient pas le moindre riff, pour cause de profusion. Dès lors, difficile de s’en lasser, pour peu qu’on soit réceptif au style pratiqué. A essayer.

- lina b. doll, le 10 05 2007