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Beach House
10.2006
Notation
Rock   Pop

L’automne est là, les feuilles commencent déjà à tomber, la lumière pale et déclinante d’un début d’après-midi vous accueille. Vous avez déjà écouté jusqu’à l’écœurement la courte discographie de Slowdive, déterré tous les side-projects de Mazzy Star, épuisé tout le catalogue 4AD au rayon dream pop, ne cherchez pas plus loin : Beach House est l’ordonnance qu’il vous faut.

Nouveau groupe venu de Baltimore, Beach House est le duo Victoria Legrand / Alex Cally. S’il partage avec les groupes précités la même saveur douce-amère, il apporte quelque chose de frais et de personnel, sorte de dream pop noyée de lumière automnale avec une touche de psychédélisme 60’s. Victoria Legrand, la chanteuse du groupe, est également organiste. Instrument principal de cet opus, l’orgue électronique constitue un doux écrin pour les notes éparses de guitare électrique et la voix.

Tout au long de l’album, un rythme lent et métronomique guide l’auditeur au milieu de ce jeu d’ombres et de lumières. Constitué simplement de coups sourds tapés contre une caisse de résonance, de bruits naturels ou d’un tambourin, le groupe précise qu’aucune boîte à rythmes n’a été utilisée. Ceci pour souligner qu’à aucun moment le duo ne tente d’être plus que cela, créant et contrôlant ainsi son petit univers de comptines éclairées à la bougie, ne tombant jamais dans le kitsch ou le grandiloquent.

D’une unité remarquable, ce disque a également une qualité ludique, la façon de chanter de Victoria Legrand a parfois quelque chose d’enfantin, et si la nostalgie nous touche parfois en plein coeur ("Apple Orchard"), a d’autres moments on ressent un sens de l’émerveillement propre à l’enfance ("Lovelier Girl", "Childhood"). L’orgue de "Auburn & Ivory" ressemble à un clavecin électrique spectral, accompagné d’une fine pluie de notes de guitare électrique. Cette combinaison orgue/guitare/percussion possède un charme tout particulier et une identité très forte.

Pour un premier album, Beach House a réussi à créer une musique personnelle, légèrement psychédélique, pas si mélancolique qu’on pourrait le penser au premier abord, mais finalement diablement efficace et addictive. On aurait tort de passer à côté d’un aussi agréable moment de rêverie.

Morceaux à télécharger :

- Tokyo Witch
- Saltwater
- Lovelier Girl

- JP, le 15 10 2006

Ractions

par runeii, le 14/11/2006
Bonne surprise ! Le genre d'album fait avec pas grand chose mais qui dégage des ondes terriblement positives... Imaginez que votre lecteur cd qui passait du Devics ou du Air est tombé au fond d'une mer du sud, et que ses échos vous hantent parmi les bulles. Disque pas facile à se procurer malheureusement !