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Impeach My Bush
7.2006
Notation
Electro   Punk

Musicalement, la jeune femme qui incarne Peaches, Merrill Nisker, pourrait-être l'équivalent féminin de James Murphy (agitateur du Label DFA et de LCD Soudsystem). C'est donc une image ultra tendance et finement stylisée qu'affiche la chanteuse, du moins de premier abord… En effet, du point de vue du message, la finesse de Merrill se rapproche plutôt d'un Gainsbarre alcoolisé, voire d'une horde de hooligans en rut. Autant dire qu'a ce stade, considérant les textes de cet album, on ne parle plus de "connotation sexuelle" mais de pornographie sonnante et trébuchante…

Ainsi, comme ses prédécesseurs, Impeach my bush offre un contraste saisissant entre une vulgarité libidineuse et des compostions maniérées et arrogantes. C'est pourquoi, depuis les premières apparitions de Merrill Nisker, il est difficile de trouver un avis "neutre" la concernant, le plus souvent, soit on l'admire soit on la méprise. Peut-on pour autant lui reprocher cette attitude, souvent gratuitement irrévérencieuse et cet esprit apparemment primitif ? Certainement pas, si l'on considère que l'attitude punk, avec tous ce qu'elle à de douteux et d'impertinent, n'est ni réservée au rock, ni réservée aux hommes. Le mauvais goût alors affiché par Peaches devient donc un mode d'expression en soit, avec lequel Merrill s'en sort admirablement bien, y insufflant une incroyable énergie.

De leur côtés, les beats electro-glam-punk (évoquant notamment Ladytron) sont minimaux, très "eighties" et accompagnent remarquablement bien l'esprit Peaches, tout comme les bons gros riffs de guitare, qui ponctuent cet album ("Boys Wanna be Her"). Pourtant, Impeach my bush surprend moins que les premiers albums de Peaches, sans doute car la recette reste la même. Le concept à donc perdu un peu de sa fraîcheur, même si l'effet de mode reste présent. Par ailleurs, il est vrai que ce troisième album ne recèle pas de tubes aussi évident que "Teaches of Peaches". Pourtant, ce disque constitue la production la plus soignée de Peaches… ou peut-être devrais-je dire la première production soignée de Peaches….Quoi qu'il en soit, on retrouve notamment parmi les nombreux invités qui habitent cet album, Feist, Joan Jett ainsi que Josh Homme, et Samantha Maloney qui apportent pour leur part une touche vaguement rock et instrumentale à l'ensemble.

En résumé, voilà un disque basic, kitsch, un peu crasseux… et donc très dansant.


- sai real, le 9 08 2006

Réactions

par MH, le 30/08/2006
C'est pas parce qu'il y a Josh Homme que c'est crasseux, je trouve ce disque un peu convenu et relativement ressussé des standards du rock-punk, vaguement actualisé.