King Crimson > Red

Red
1974
Notation
Rock   Prog Rock

S’il ne doit en rester qu’un, c’est bien Red. Chant du cygne de la première incarnation de King Crimson (le groupe sera dissous la même année...avant de renaître par deux fois dans les 80’s et 90’s), somme des expérimentations rock, classique ou jazz menées par le démon de la six cordes Robert Fripp, ce 7ème album studio reste encore aujourd’hui dangereusement actuel. Venimeux comme à son premier jour.

King Crimson fut, faute de mieux, assimilé au rock progressif ; mais contrairement à ses contemporains de Yes, Genesis ou ELP, qui au fil des années confondirent créativité et superflu, KC remonta la filière inverse : les riffs se voulurent toujours plus minimalistes, les rythmiques plus dures, l’improvisation vénérée.

A l’image de son dos de pochette (un compteur bloqué dans le rouge), Red vole constamment à la limite de la rupture. Ses cinq longues plages restent majoritairement instrumentales, les riffs acérés de Robert Fripp se taillant la part du lion. Construits souvent comme des compos de classique contemporain, les titres alternent passages torturés et ombrageux avec de délicats instants de finesse. Le chant de John Wetton (notamment sur «Angel») est plus assuré que sur le précédent Starless and Bible Black, sa basse complète à merveille la rythmique hachée et infernale de Bill Bruford.

L’objectif avoué de ce trio : rechercher le paroxysme de la tension et l’effleurer, tout en gardant une maîtrise sur l’œuvre. L’ouverture «Red», mais surtout le monumental «Starless» possèdent une noirceur à faire frémir, fin de monde désespérée. Sur ce dernier titre qui reste sans doute le meilleur jamais composé par le groupe, Robert Fripp est parvenu à imager la progression implacable d’une fatalité à venir : son riff se résume à une seule note, répétée inlassablement, avant le dénouement qui reprend le thème original. Frissons garantis.

On ne compte plus les émules de ce disque magistral du grand roi pourpre, vénéré par les aficionados du post-rock barré et du metal tordu. Le petit Robert est définitivement un grand artisan des musiques de l’extrême.


- runeii, le 11 03 2006

Ractions

par The Jack, le 6/07/2007
L'album "Red" est un album intense, sombre, explosif et très beau, comme l'atteste le dernier somptueux titre "Starless", une montée inquiétante progressive vers un final à la guitare de toute beauté. Un des trois meilleurs albums studio du King avec "Starless and Bible Black" et le dernier en date, l'excellent et incroyable "The Power to Believe", un pur chef d'oeuvre du genre... Grandiose !
par bétéa-jodar, le 21/03/2007
un album magique,de légende!
Starless nous télétransporte au plus haut des scieux...

Fernand
par Didier05, le 21/12/2006
Album hallucinant, novateur et d'une créativité incroyable, certainement ce qui s'est fait de mieux depuis plus de trente ans. Et oui, cet album date de 1974. Visionnaire et détenteur d'une dramaturgie musicale digne des plus grands compositeurs de l'Histoire de la musique. Ecoutez seulement le final de Starless...
par progy, le 9/11/2006
rien à dire,ce disque est géant.absolument indispensable.voir aussi toute la discographie de king crimson