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I should Coco
1995
Notation
Rock   Punk   Pop

Pour raconter l’histoire de Supergrass, c’est dans la campagne d’Ofxord, Anglettere, qu’il faut chercher. Si on s’y prend bien, on y verra alors trois ados jouant quelques unes de leurs compositions à un troupeau de vaches bien disposées à les écouter. La composition du public étant un peu frustrante, quoique peu contraignante, nos amis décidèrent de passer aux choses sérieuses et de se produire ailleurs que dans un champ. Ce n’est qu’après quelques concerts, peu nombreux mais convaincants, que Gaz Coombes (chant et guitare), Danny Goffey (batterie) et Mickey Quinn (basse) se font repérer.
C’est en regardant les membres du groupe discuter et rigoler ensemble à l’entrée d’un bar que le producteur, Sam Williams, décide de s’occuper d’eux. Il déclarera plus tard que « I should Coco » est le meilleur album auquel il a eu affaire durant toute sa carrière. On le comprend. Quand ils signent sur Parlophone, ils n’ont que 16 et 18 ans mais font pourtant preuve d’une immense maturité musicale. La progression des morceaux est digne de celle des Red Hot dans un style quelque peu différent. Entre punk et pop, ils vont même jusqu’à inclure un harmonica dans une de leur ballade, miam.
Le délire musical commence par I’d like to know, titre sur lequel Supergrass nous montre que même si ils sont jeunes, ce n’est pas pour autant qu’ils ne savent pas jouer. La manière dont ils triturent les accords et l’harmonie du morceau force à l’admiration. Caught by the fuzz s’inscrit dans la même lignée, les accords s’enchaînent rapidement, le rythme soutenu semble nous courir après tandis les cœurs chantent des ouuuuhwahouuuuu comme pour nous narguer. Mansize Rooster ne nous laissera pas de répit, le ton est plus léger mais l’urgence des accords ne faiblit pas, toujours saupoudré de cœurs grotesques passant de houba à des cris aigu balancés pas le bassiste qui au passage ne craint pas l’extinction de voix. Bon, le moment est arrivé de trouver un peu de paix dans ce monde brut avec Alright, petit morceau pop mais pas trop caramélisé, comme on les aime. Comme le chante Gaz, on est jeunes, on s’éclate, tout va bien. Au tour de Loose it maintenant, on abandonne le chapeau de paille et la clope qu’on avait dans le bec pour supplier celui qui nous accompagne de nous tenir la main, la tension est remontée et ne redescendra qu’un peu avec Lenny, morceau plus punk à la progression toujours aussi impressionnante. La guitare ne se fait pas pour autant trop prétentieuse et on la suit volontiers dans ses envolées saturées. Strange Ones, Sitting up Straight et She’s so loose ne dérogent pas à la règle, passant du lent au rapide, du riff au solo, du pardon à l’accusation. Tout ça, c’est du punk rock comme on les aime, énervé mais pas répétitif, le tout un peu décalé comme nous le montre encore We’re not supposed to, chanson un peu débile à la mélodie gentillette chantée par des espèces de petites bêtes qui font penser aux Gremelins en plus inoffensifs.
Voilà enfin le repos nostalgique servit par les magnifiques Time, ballade frissonnante accompagnée d’un harmonica et Sofa (of my lethargy) qui nous donnent l’impression de partir loin, très loin. On imagine des mouettes dans un ciel bleu et un bateau au milieu de la mer, et ces images, qu’on trouverait pathétiques en temps normal, nous font ici carrément planer.Vient ensuite le dernier morceau, Time to go, celui là on ne l’écoute pas, on le déguste en remerciant vivement les trois musiciens et en les priant de revenir très vite.

- gia, le 9 07 2005