Cave, Nick > Kicking against the Pricks

Kicking against the Pricks
8.1986
Notation
Rock   

Avec KATP, outre que le titre cite un passage de la bible, Nick Cave se fait un petit plaisir bien prévisible : après la reprise de chansons cultissimes de Presley, Cohen ou Cash sur les deux précédents opus, l’ancien des Birthday Party y consacre un album entier. Swinguant entre les blues & gospels crasseux (J.L. Hooker, The Alabama Singers) les mélodies pop sixties mielleuses (tel le «Something’s gotten hold of my heart» de Gene Pitney), l’objet ici présent se révèle en fin de compte un des albums les plus accessibles de la riche discographie des Bad Seeds. Mais qui dit accessible ne dit pas forcément mémorable.

La faute peut-être à un traitement un peu lisse de chacune des épreuves choisies : les énergies mal contenues qui faisaient la force brute du groupe sont ici mises en sourdine au profit d’une recherche d’harmonie. Ainsi, ce qui marquera le plus en cette année 1986 sont les capacités de Nick Cave à se muer en véritable chanteur (!), bien loin des éructations inhérentes au leader des mauvaises graines. Le ton est à la contenance, l’attitude singe le crooner qui sommeille en chacun de nous (le «Running Scared» de Roy Orbison nous donnera inévitablement des envies de karaoké).

Et le résultat me direz vous ? Bien trop hétéroclite pour être authentique, KATP se révèle bancal à plusieurs occasions. L’exercice de style le plus réussi l’est quand le groupe donne sa pleine puissance («All Tomorrow’s Parties» du Velvet Underground, très fidèle à l’original) ou lorsque Nick Cave se la joue plus romantique désespéré («By the Time I get to Phoenix» de Jimmy Webb, ou les tenants et aboutissants de la rupture sentimentale).

L’intérêt de KATP réside principalement dans le besoin de Nick Cave d’ancrer ses propres compositions dans une histoire musicale qui le précède ; en nous offrant un album hommage à ses maîtres et références, il nous permet de mieux comprendre comment pourront voir le jour des albums aussi monumentaux que «Henry’s Dream» ou «Let Love In». La démarche est humble, et finalement le résultat secondaire.



- runeii, le 11 10 2006

Ractions

par Boud1, le 12/10/2006
Belle chronique. Mais moi je l'aime bien ce disque, même si je reconnais qu'il ne fait pas beaucoup avancer l'oeuvre de Nick Cave. Je citerais en particulier The Carnival is over et I'm gonna kill that Woman de Johnny lee Hoocker comme références incontournables à écouter en priorité.