DJ Krush > Jaku

Jaku
2004
Notation
Electro   Trip Hop

10 ans d’existence, 10 albums, DJ Krush est un bel exemple de longévité dans un genre où la majorité des artistes font long feu, ou comme DJ Shadow, nous pondent un disque tous les six ans ! A l’écoute de "Jaku", on se dit que "Srictly Turntablized" est bien loin et que le Japonais a réussi à se faire une place à part dans la musique électronique et le hip hop.

Comparé à son prédécesseur, "The Message at the Depth", légèrement décevant pour quelqu'un du calibre de DJ Krush, "Jaku" est beaucoup plus homogène, et utilise des éléments de World Music à bon escient. Pour la première fois, il fait appel à des instruments traditionnels japonais sur plusieurs titres, notamment Morita, maître de la flûte japonaise, présent d’entrée sur "Still Island". L’album commence comme un film, le ton est donné, on baigne dans un atmosphère sombre mais planante. "Road to nowhere" continue l’aventure comme la découverte d’un monde étrange et mystérieux. "Nosferatu", avec le rap de Mr Lif, nous plonge encore plus loin dans ce monde étrange avec une touche maléfique. Puis vient "The Beginning", qui termine ce premier chapitre en apothéose, les rythmes sont superbes, et on retrouve cette flûte aérienne.

"Transition", morceau de deux minutes, petit bijou instrumental avec ses beats profonds et entraînants, nous emmène dans la seconde partie de l’aventure, pour déboucher sur "Stormy Cloud", avec le pianiste Ken Shima, qui est une histoire beaucoup plus légère et atmosphérique que le premier chapitre, le lever du soleil en quelque sorte. "Univearth" retrouve la flûte du départ, avec des rythmes du plus bel effet, le mélange savant entre acoustique et électronique est très réussi, et l’atmosphère est à nouveau lourde de sens. "Decks-Athron" est dans la continuité, les beats se font plus chaotiques et on retrouve Tatsuki aux platines pour une session de scratch de haut vol rappelant "Kakusei".

Seule véritable déception, "Kill Switch" avec les New Yorkais de Aesop Rock, un rap trop similaire au précédent. "Pretense" est de nouveau une superbe transition pour attérir sur "Slit of Cloud", le morceau le plus original et peut-être le plus réussi de ce disque, avec le saxophoniste Akira Sakata, qui chante également. Très, très prenant ! "Passage" nous entraîne ensuite vers l’autre monstre de "Jaku", "Beyond Raging Waves", avec Shinichi Kinoshita qui joue d’un instrument typicalement japonais, sur des rythmes superbes, toujours très subtils et variés, le mix est d’enfer, et on est tout de suite conquis. Pour terminer, deux morceaux avec Krush en solo, se terminant avec "Song 2", qui termine le disque de la même façon qu’il avait débuté.

Au final, il nous reste un album aussi homogène qu'un film, d’une grande richesse et d’une grande beauté, le plus novateur avec "Zen" sans doute, qui démontre que DJ Krush est un pionnier de l’electro/ethno.

- JP, le 9 08 2004

Ractions

par Kalukamata, le 3/07/2007
Un grand grand disque, véritable voyage sidéral (voire intersidéral) ou l'on s'envole avec les comètes et l'on ne redescend jamais vraiment. Probablement mon album préféré de l'artiste nippon avec Zen.
par Elka20, le 23/12/2006
Album puissant, sombre, lent, un véritable poison noir qui s'insère dans toutes vos veines, se répand petit à petit, vous scotch à votre sofa. Un long trip noir et humide.