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1969 Velvet Underground Live
1974
Notation
Rock   

De nos jours, technologie aidant, très peu d’albums live peuvent se permettre d’être vraiment indispensables. Hormis quelques exceptions, l’histoire du rock peut compter sur les doigts d’une main ses enregistrements mythiques. Chacun peut faire le jeu : ces disques là ont tous capté l’instant unique. Fulgurants, ils ont mis à mal les mots pour le dire. L’alchimie parfaite du groupe, le dépassement de soi, le no limits, les réinterprétations qui supplantent tout ce qui semblait alors définitif...et l’impression que "Merde… qu’est-ce que j’aurais donné pour y être !". C’est tout cela à la fois.

1969 : Live du Velvet entre dans cette catégorie. Et même deux fois, si l’on comptabilise les deux volumes de ces enregistrements compilant les performances du groupe sur cette année là, entre Dallas et San Francisco. En deux fois 50 minutes se résume la peu banale histoire de quatre musiciens : Lou Reed, Doug Yule, Sterling Morrison et Mo Tucker, alors au sommet de leur art, ceci peu avant l’implosion, soit la sortie du controversé Loaded sans Lou Reed qui a quitté le groupe.

S’il n’en fallait qu’un, alors mon choix serait sans hésitation le volume 2, qui garde en lui encore davantage de moments de légende. Enregistrement et moyens d’époque obligent, un infâme bruit de fond bride la plupart des compos, côté garage au premier abord agaçant. Avec le temps il renforce le sentiment d’étouffement, d’isolement (on entend les applaudissements de trois personnes en moyenne !). L’avantage : on est accoudé dans les amplis de Reed, debout à moins de deux mètres, sans boules quiès.

Là dedans, le New-York glauque transpire à grosses gouttes, hommes et femmes échangent services et identités au gré de rencontres moites, surréalistes, parfois tendres, souvent hallucinées par la came. "Heroin", dans sa version ici infiniment supérieure à l’originale, se révèle être le (seul ?) monument capable de faire face au "The End" des Doors. Arpèges ensevelis sous le souffle du quatre pistes, puis escalades toujours plus vertigineuses aboutissant à un orgasme fatal, les veines explosées et la tête brûlante (“Then thank your God that I'm not aware, And thank God that I just don't care”) : on a rarement fait plus mal en 1969.

Ceci dit, il se pourrait bien que les onze minutes de l’entrée en matière, "The Ocean", vous ait préalablement terrassé ou noyé, et dans ce cas il ne me resterait plus grand-chose à dire. Car c’est à mon sens la composition la plus grandiose et définitive du VU, tous albums confondus. On quitte les limites du garage rock pour des côtes inconnues et enluminées de saturations post-rock. C’est aussi la preuve indiscutable que le Velvet se comprend en live bien plus qu’en studio.

Plus contrasté que le Volume 1, notamment par des relectures à haute teneur émotionnelle ("Pale Blue Eyes", "Some Kind of Love"), 1969… mériterait surtout un vrai remastering, un booklet étoffé en quadrichromie et une réelle mise en valeur dans la discographie du groupe. Mais on dira qu’en même temps, ce côté brut de décoffrage ne fait que marquer encore plus le statut d’anti-Beatles du VU. Ce qui le rend dangereux, et tout près de notre époque.


- runeii, le 26 02 2009

Réactions

par Prince, le 28/02/2009
C'est vrai que c'est mythique, que c'est du lourd et que certains passages sont immanquables. Et puis le son est à chier mais ca fait rien c'est d'époque! Il n'empêche que certains moments ont pris un sacré coup de vieux, enfin le Velvet a moins pris que certains autres. Un simple album remastérisé, voilà ce qu'il faudrait...

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