Handsome Furs > Plague Park

Plague Park
5.2007
Notation
Rock   Electro

Lors d’une première écoute, il est d’entrée de jeu facile de se sentir repéré. C’est en effet à la deuxième voix de Wolf Parade, celle de Dan Boeckner en l’occurrence, que l’on a à faire. Celui-ci s’est permis une petite escapade (de même que Spencer Krug, le chef de parade, avec son Sunset Rubdown) en compagnie de sa fiancée, une certaine Alexei Perry.

C’est sans hésitation la voix de Dan qui marque l’identité de ce Plague Park au fer rouge. Rien de surprenant: un projet solo ne sert bien souvent qu'à exprimer la partie (plus ou moins grande) de l’ego d’un artiste frustrée par des productions ou des expériences passées (cf. Thom Yorke ). Ainsi, le timbre de Boeckner s’impose le long des plages et, bien que doté de réelles qualités (chaleur, fêlure, maîtrise tonique), il n’atteint pas les mêmes hauteurs que le leader de Wolf Parade, alors qu’il se calque souvent sur des constructions mélodiques proches (particulièrement sur «Hearts of Iron» et «Handsome Furs Hate This City»).

La mise en son des compositions du musicien se veut clairement minimaliste. En fait, le but recherché était explicitement de sonner répétitif et clairsemé: de la voix donc (à l’expression qui se complaît dans une parano assumée), des grattes et des synthés (quelques bons assemblages de textures) et des patterns sortis de boîtes à rythmes (qui tiennent la route).

Ainsi, quand on prend en compte la démarche, cette œuvre témoigne d’une classe sobre, mais évidente. Pourtant, après plusieurs passages sur nos platines, on se dit qu’on se fout pas mal de la démarche en question, car bon, le tout manque finalement de consistance pour accrocher tout le long de l’album. L’attention s’émousse forcément et l’on se demande, dès les cinq ou sixièmes titres, si l’on n’a pas déjà entendu ça quelque part…

La cohérence est là, le talent aussi, cela ne fait pas de doute, mais peut-être que les Handsome Furs n’osent pas encore aller assez à fond dans leur délire. Une franche plongée dans l’obscurité renforcerait le propos et aiderait à sortir de l’ombre de Spencer Krug, ce n’est pas impossible…


- yak, le 19 06 2007

Voir aussi:

Black Cargoes
Glass