Aaron > Artificial Animals Riding On...

Artificial Animals Riding On...
1.2007
Notation
Rock   Pop   Trip Hop

Le nom et le titre interpellent, la pochette pas moins, ambiguë à souhait – cette nymphe a-t-elle des seins ? Tout est là pour intriguer une androgyne adolescence romantico-spleeneuse. Et quand on apprend que l’un des titres phares de l’album, «U-Turn (Lili)», tourne en boucle sur la b. o. du film Je vais bien ne t’en fais pas, œuvre axée sur la crise d’adolescence et ses questions existentielles, on se dit que ceci explique cela.

C’est cette chanson pop-rock mélancolique et dépouillée qui a, par le biais du film, fait connaître Aaron à un assez vaste public, parfaitement ciblé. On s’est du coup permis de douter de la qualité de l’ensemble du disque, non pas que le morceau en question soit mauvais, mais les autres titres risquaient de ne se trouver là que pour l’accompagner.

Bonne surprise, pourtant. Quoique le reste se cantonne au même état d’esprit, il offre malgré tout quelques très bonnes chansons, dont «Beautiful Scar», qui retrouve l’ambiguïté promise par le visuel du CD et va illico parler à ceux qui auraient vécu le feu d’une relation avec une beauté nymphomane (son refrain sur lequel on scotche : «Baby doll, you’re a porn soul»). Ce coup-là, le romantisme se fait plus décadent et l’on retrouve les influences de poètes maudits qui ont hanté le duo français, formé de Simon Buret et Olivier Coursier. Ces derniers ont d’ailleurs tout à fait la gueule de l’emploi.

Donc de la pop bien soignée et, contre toute attente, plutôt mature. La voix est suave et torturée, plaintive, mais moins que Colplay, à qui Aaron fait songer parfois, sur les morceaux chiants («Angel Dust», par exemple). Sinon, Radiohead, l’inévitable, se place en référence électro-pop-rock, surtout sur le premier titre : «Endless Song». L’opus accueille un intrus, une chanson en français qui arrive on ne peut mieux et nous sort d’une soporifique routine qui s’installe insidieusement dès la moitié de l’album. Le texte de celle-ci retient l’attention : «Et mes rêves s’accrochent à tes phalanges ; je t’aime trop fort, ça te dérange».

Cet album ne casse pas des briques, certes. Mais il tisse un univers soigné, tâché de larmes monochromes, claires-obscures et denses.


- yak, le 21 02 2007

Ractions

par Le Sto, le 22/02/2007
Mouais, la chanson phare est très belle, le reste se tient comme il peut entre du sous-Air, du sous-Sebastien Shuller, et d'autres sous. Album un peu limité, à l'image de ces disques d'electro-pop française : qques bonnes idées disséminées par-ci par-là et généralement gâchées par une production ampoulée, lisse et sans émotion.