My Brightest Diamond > Bring Me The Workhorse

Bring Me The Workhorse
8.2006
Notation
Rock   Pop

Proche de Sufjan Stevens, pour qui elle a déjà fait des premières parties, la charmante Shara Worden aka My Brightest Diamond a finalement sorti son premier album. Sur le papier, il faut bien admettre que le programme est alléchant ! On nous promet carrément un impact digne de quelques prêtresses du rock popeux au féminin comme Björk, Beth Gibbons ou PJ Harvey, avec un petit détour chez Mozart et Debussy

La jeune femme a en effet une formation classique de cantatrice et c’est sans surprise que la voix constitue l’élément principal de ses compositions très léchées. La guitare électrique est aussi très présente et un quartet de cordes se fait entendre par ci, par là ; oui, vraiment tous les ingrédients indispensables à la production de tout bon disque pop-rock qui se respecte !

Hélas, on retombe très vite sur terre pour, petit à petit, commencer à passablement s’ennuyer. Eh non..., les hauteurs promises ne sont pas atteintes, mais alors pas du tout ! La chanteuse maîtrise ses cordes vocales à la perfection, certes, mais elle semble franchement très loin de lâcher tout son potentiel artistique. Une légère frustration est ainsi clairement audible, tant les émotions pures que Shara Worden tente de transmettre sont inhibées par un genre qui permet difficilement le lyrisme d’opéra sans tomber dans le grotesque kitsch – ce dont elle nous a fort heureusement épargné. Les arrangements, quant à eux, sont assez conventionnels et le son, trop clean pour être honnête, ne permet décidemment pas de remonter la moyenne.

C’est seulement sur deux ou trois morceaux à l’habillage plus trip-hopesque que l’intérêt de l’auditeur se ravive («Disappear» ou «Magic Rabbit»). Il faut patienter jusqu’au dernier titre, «Workhorse», pour que la musicienne nous fasse l’honneur d’un morceau vraiment prenant. Un peu tard, désolé…


- yak, le 4 12 2006

Réactions

par yak, le 19/06/2007
Juste une chose Stéphane, parce que bon, y a des fois où c'est quand même limite vexant: je n'aurais jamais eu les compétences d'écrire une chronique de la sorte, en me contentant de quelques écoutes! Et franchement: un disque peut s'apprécier de plus en plus au fil du temps, certes - c'est même souvent la marque d'un grand cru -, mais si la sauce ne prend pas du premier coup (comme tu l'écris explicitement), là, c'est carrément mauvais signe! Non, cet album ne m'a pas emballé. Oui, je me suis ré-emmerdé en voulant lui redonné une chance après avoir lu ta réaction... Mais chacun ses goûts, selon le degré de dégrossissement de ses perceptions émotivo-auditives... PJ, Nina et Beth sont nettement plus bandantes!
par Stéphane, le 12/06/2007
Et pour les aficionados, n'hésitez pas à découvrir DAWN LANDES "FIREPROOF", un album de la même trempe, dans un style plus folk.

Et pour les fans de MY BRIGHTEST DIAMOND, il existe un album de remix "TEAR IT DOWN" avec notamment ALIAS et MURCOF aux commandes. Mais là, ne l'achetez pas, l'album original est largement meilleur.
par Stephane, le 12/06/2007
En ben YAK est vraiment passé à côté. Tant pis pour lui... ne vous laisser pas convaincre par cette critique, cet album vaut largement la peine qu'on y intéresse. L'écouter, le réécouter, et là, la sauce prend enfin. On a donc affaire à un bon disque, celui qui s'ouvre que si on prend le temps de le parcourir dans son intégralité, de l'écouter au casque pour y découvrir toutes les subtilités... et cette voix! C'est d'ailleurs le fil rouge de tout l'album. Une voix qui pourrait être le croisement entre celles de Nina Hagen, PJ Harvey, Beth Gibbons (Portishead) combinées au vibrato d'Antony (and the Johnsons). Un disque magnifique où le lyrisme rencontre ENFIN le génie de la composition.
Ecoutez-le, il en vaut vraiment la peine!