
Les cultissimes New Model Army reviennent avec ce nouvel album studio, 5 ans après leur prédécesseur Eight. Des changements, il y en a eu beaucoup depuis tout ce temps, le chanteur Justin Sullivan, qui composait les chansons seul sur les derniers albums, s’est allié au batteur Michael Dean pour écrire la majeure partie des morceaux de Carnival, après une escapade solo acoustique de plusieurs années.
Le résultat est immédiatement perceptible, la batterie et la section rythmique ont un rôle primordial ici, et nous avons droit à beaucoup de variations techniques. Autre nouveauté, l’absence de guitare acoustique et Justin en charge des claviers. Pour le reste, pas de changement, avec Dave Blomberg (en partance après ce disque) et Dean White aux guitares, pour un disque de rock pur, plutôt nerveux et électrique.
"Carnival" est nettement plus poli et soigné que Eight au niveau de la production (Chris Tsangardies), plus électrique également. Le songwriting de Justin Sullivan reste excellent - "Another Imperial Day" est un tableau glacé de l’immigration clandestine et de la pauvreté raconté à voix basse ("Goods are free to move but not people / Jobs are free to move but not people / Money is free to move but not people"). Quant à "Fireworks Night", morceau plus calme et réflectif, il évoque la mort de Robert Heaton, membre fondateur de NMA, avec sensibilité ("Our time was made up of confused emotions and little whirlwinds and all that stuff we couldn’t really talk about / But most of all it was sealed in sacred moments like these / And then it was gone... "), pour l’un des seuls morceaux sans connotation politique.
Musicalement, les premières chansons peinent à faire forte impression, "Water" et son refrain un peu étrange ne sont pas forcément du meilleur goût. "BD3" monte en puissance, sans renverser cependant, et doit donner sa pleine mesure en live, comme la majeure partie de cette album qui souffre un peu de cette production trop lisse. Par contre, "Carlisle Road" retrouve le son sale de l’album précédent, superbe ballade mid-tempo avec une guitare électrique à la Neil Young, une ligne de basse, un rythme assez simple et la voix de Justin - chaque son respire et donne sa pleine mesure.
"Red Earth" est le plus poussé au niveau des percussions, alternant les sonorités, l’intensité, leur donnant parfois des allures orchestrales lors de pics d’intensité. Commençant doucement, "Red Earth" finit par arracher tout sur son passage par une montée en puissance inéluctable - on se réjouit d’entendre ça en live. A mon avis le meilleur morceau de Carnival avec sa continuité, "Too Close to the Sun", chanson plus sombre mais toujours aussi riche au niveau des rythmes, plus rapides cette fois-ci, avec des instruments différents (violoncelle notamment) et juste ce qu’il faut de nappes de synthés. "Bluebeat" est un break salutaire, morceau plus décontracté, avec harmonica et un rythme plus lent, mais toujours aussi technique. Autre originialité, "LS43", qui ressemble à un blues dans la structure et au niveau de la guitare solo, quelque chose d'assez inédit pour NMA.
Au Final, New Model Army a réellement entrepris de se renouveler avec cet album - des risques ont été pris, et les variations sont au rendez-vous. L’atmosphère est plutôt sombre, reflétant de façon percutante la situation politique mondiale et les démons de notre temps, tant au niveau des paroles que de la musique, souvent très agitées. On peut regretter la production un peu étouffante, et les premiers morceaux moins bons que la suite, Carnival reste cependant d'un bon niveau dans l’ensemble et ne peut pas être considéré comme un album de transition. A voir absolument en concert.
- JP, le 16 09 2005
par JP, le 23/05/2009
par Le Sto, le 19/10/2005
par Lol, le 18/10/2005
par runeii, le 18/09/2005