Plant, Robert > Mighty Rearranger

Mighty Rearranger
5.2005
Notation
Rock   

Soyons honnêtes : on n’attendait plus rien de bon de la carrière solo de Robert Plant depuis…en tout cas 25 ans, soit la chute du dirigeable à la fin des seventies. Deux exceptions à l’occasion de retrouvailles inespérées avec l’artificier Jimmy Page (l’unplugged « No Quarter » et l’album studio « Walking into Clarksdale »), où on a pu constater que le feu sacré pouvait encore surgir du plus blanc des bluesmen. Depuis, une longue traversée du désert.

Qu’a-t-il bien pu arriver pour que le chanteur bientôt retraité (57 ans cette année) décide d’abandonner le rock FM de ses premières galettes (totalement indigestes) et retrouve une réelle inspiration créatrice (les derniers titres composés par Plant remontant à 15 ans) ?

Car c’est bien de cela qu’il s’agit sur « Mighty Rearranger ». Toujours entouré du groupe « Strange Sensation » comme pour le dernier album de reprises (« Dreamland »), Robert Plant parvient à renouveler son rock avec brio : il est refondu dans des rythmiques ethno-folk arabisantes et du Maghreb, ramène à la vie le blues ancestral des ancêtres du Delta, le tout en jetant quelques clins d’oeils aux meilleurs moments du Zep. Le produit final est définitivement neuf, direct et rafraîchissant.

Tout commence fort avec les percussions tribales de « Another Tribe », sur lesquelles se greffe une mélodie aux tonalités arabes ; on est projeté bien loin de l’univers rock-fm kitsch des opus précédents. A croire que le groupe a passé ces dernières années à écumer les salles du moyen orient. Force est de constater que toutes les compos bénéficient d’une force rythmique qui impressionne : basse vrombissante et rythmique pachydermique sur le single accrocheur (« Shine it all around »), batterie syncopée jusqu’à la transe (« Freedom Fries »), toutes les gammes sont exploitées, preuve de la bonne qualité de « digestion » des multiples influences par le groupe.

Quelques incursions dans les territoires du Zep ? Evoquons l’électricité nerveuse de « Takamba » (écho du mythique « Black Dog »), le folk anglais revu avec sobriété (« All the King’s Horses ») et enfin, le superbe « The Enchanter », dont le riff crasseux et la lourdeur du jeu de batterie nous rappellent certaines odyssées (je pense ici à « No quarter » ou « When the Levee Breaks »). L’ajout de quelques touches électroniques sur la fin étonne aussi, mais confirme cette volonté d’expérimenter de nouvelles choses tout en retournant aux sources brutes du rock. Celui-ci se veut ici conçu comme un métissage d’influences. Il ne reste donc plus qu’à espérer que le second souffle de Robert Plant se poursuive, à la manière d’un Johnny Cash ressuscité sur le tard.

- runeii, le 24 06 2005

Ractions

par CharlesIX, le 26/07/2007
Un titre tel que Mighty Rearranger et d'autres de cet album auraient pu être écrit par Bob Dylan. Un grand album pour un grand Monsieur.
par Sally, le 28/06/2007
Le meilleur album de Robert en solo c'est une certitude. Dépaysement pas total, un peu entre les vrombissement Zepiens et les métissages de No Quarter, Plant en a retiré le meilleur. Quant au groupe, il est assez époustouflant, évolution fulgurante depuis Dreamland.